I - Introduction
Dans le cadre
du Plan Directeur de l’Education, le gouvernement comorien
a négocié le financement
de certaines activités jugées prioritaires par les parties
qui l’ont élaboré au cours des états généraux
de 1994, notamment : l’amélioration de la qualité de
l’enseignement
primaire, la participation des communautés locales à l’éducation
et l’amélioration
de la main d’oeuvre qualifiée ; ce choix prend en compte les
analyses économiques
institutionnelles et politiques. Il convient de préciser que les Comores
vivaient en 1997, période de la négociation du Projet
Education III, une situation politique
tourmentée marquée par une crise séparatiste née
de la sécession de l’île de Ndzuani.
A l’époque, les principales activités retenues prioritaires
pour bénéficier de financement sont la
composante de l’enseignement primaire et participation communautaire,
et celle de la formation
Professionnelle et technique, dans une gestion efficace du projet.
Six années après la signature de l’accord de crédit
N° - 031- COM intervenu le 24 octobre 1997,
pour un montant de 5 100 000 DTS équivalent à 3 606 720 000 KMF,
3 ans et 6 mois après sa mise
en vigueur le 23 juin 2000, à la date du 31 décembre 2003, le
projet éducation est exécuté à hauteur
de 98% dans toutes ses composantes. Rappelons que la mise en vigueur était
conditionnée, lors de la
revue conjointe du portefeuille des projets du 06 au 11 mars 2000, par :
- la transmission des originaux des avis juridiques
- le dépôt des fonds de contre - partie, et
- la mise en place d’un système de gestion comptable et financière
du Projet.
Le tout assorti de la réconciliation nationale, de mesures de réformes,
d’une amorce de bonne
gouvernance pour la stabilité et la croissance économique, avec
le paiement des arriérés dus au titre
des crédits de l’IDA à régler avant le 31 décembre
1999.
II - Objectifs et réalisations du crédit
du Projet Education III
Le Projet Education III est destiné à appuyer les investissements
dans les deux premiers
sous-secteurs prioritaires identifiés dans le Plan Directeur, à savoir
l’enseignement primaire et la
formation professionnelle, avec renforcement des capacités locales en
matière de planification,
d’exécution, de suivi et d’évaluation des activités
financées dans le cadre du Projet.
II.1/ Premier objectif : améliorer la qualité de l’enseignement
primaire. (coût estimé à 4.5 millions de dollars, soit
65% du coût du PEIII).
Dans le cadre de l’assimilation des connaissances
au niveau primaire, le Projet a appuyé les
réalisations ci-dessous :
(a) pour la participation des parents, des élèves et des enseignants
:
Création de plus de 70% de conseils d’écoles sur l’étendue
du territoire national (le pourcentage
complémentaire étant pris en compte par d’autres bailleurs).
Cette mise en place de conseils d’école a
été suivie par une formation initiale sur les rôles des membres
et le fonctionnement des conseils.
Fourniture de 148 salles de classe réparties dans 84 écoles.
En effet, le Projet a permis à 31% des
écoles primaires publiques de disposer de salles de classe supplémentaires équipées
en mobiliers
scolaires, latrines et bureaux de directeurs ;
(b) pour la qualité du processus éducatif :
263110 manuels scolaires sont distribués dans les établissements à raison
d’un livre par élève. Ils sont
livrés et repartis comme suit :
Mwali : 17429
Ndzuani : 115783
Ngazidja : 129898
24 nouvelles écoles primaires publiques viennent d’être
recensées (08 à Ngazidja, 15 à Ndzuani et 1 à
Mwali). Faute de crédit disponible, le Projet n’a pas été en
mesure de programmer une nouvelle
commande. De même qu’il n’a pas pu acquérir les guides
pour les maîtres en sciences. Il est
également à souligner qu’il n’a pas été possible
de réaliser la formation des maîtres sur l’utilisation de
ces nouveaux manuels en Ngazidja comme à Ndzuani, même si des
améliorations sont observées au
niveau des résultats scolaires.
Pour les enseignants, le Projet a fourni, outre les 1800 cartables distribués
aux enseignants ayant le
plus d’années de service dans l’ensemble des écoles
du pays, 2362 livres de français et 2337 de
mathématiques ; soit au total 4699 guides de maître. Le tout représente
un capital de manuels
pédagogiques de 266 971 livres à gérer par les conseils
d’école.
Dans ce même processus, le Projet a fourni à chaque école
primaire publique un lot de kits
pédagogiques composé d’un dictionnaire, d’une carte
géographique des Comores, d’une carte
géographique Afrique, d’une balance Roberval (pm) avec différents
poids, d’un planisphère et d’un
décamètre.
Pour assurer le bon déroulement des rentrées scolaires 2001-2002
et 2002-2003, le Projet a financé
la dotation de fournitures scolaires et équipements sportifs pour toutes
les écoles primaires publiques
du pays.
- La formation des encadreurs pédagogiques : Dans le cadre des changement
des pratiques de
supervision pour permettre à un encadrement et un suivi efficace, 15
inspecteurs de
l’enseignement primaire et 29 conseillers pédagogiques ont été formés
pendant deux ans et
respectivement à l’INFP de Mahamasina à Antananarivo et
dans les IFERE de Patsy (Anjouan) et
de Moroni (Ngazidja). Ces encadreurs sont opérationnels, en poste depuis
la rentrée scolaire
2003/2004.
- Les inspections pédagogiques : les encadreurs nouvellement en poste,
vont bénéficier des
matériels roulants et informatiques mis à la dispositions de
leur prédécesseurs dans les inspections
et Circonscriptions d’Inspection Pédagogiques Régionales
des îles pour l’exercice de leursfonctions.
- La formation continue des enseignants : pour l’amélioration
de la qualité de l’enseignement, le
Projet Education III a financé les services d’un consultant pédagogue
pour les concertations dans
des regroupements dans les îles. Quatre stages ont été retenus.
Stage 1 : concerne 771 enseignants nouvellement recrutés et / ou non
qualifiés.
Stage 2 : concerne les 2383 enseignants sur l’utilisation des nouveaux
manuels.
Stage 3 : s’adresse aux 293 directeurs d’écoles et adjoints,
sur l’acquisition des compétences sur
les rôles pédagogique, administratif et social d’un gestionnaire
d’établissement scolaire.
Stage 4 : 1152 membres de conseils d’écoles sont concernés
pour la communautarisation efficace
des établissements primaires, la contribution de la communauté à l’accès à une éducation
de
qualité avec un accent particulier sur l’approche genre et sur
la gestion efficiente de l’école.
II .2/ Deuxième objectif : Améliorer la formation des travailleurs
qualifiés.
Dans le domaine de la Formation Technique
et Professionnelle ,le Projet Education III visait dans sa
composante B à améliorer la qualité da la main d’oeuvre
, grâce à la mise en place d’un système de formation
, induit par la demande , autonome , souple et efficace basé sur
le partenariat et le
cofinancement (le coût de cette composante est estimé à 1,0Millions
US$ soit 14% du coût total du
Projet).
Il s’agit de : (i) la création d’une structure autonome
qui sera géré par un Conseil d’Administration
indépendant ; (ii) la préparation et la réalisation de
sous-projets de formation répondant à des
besoins identifiés sur le marché du travail ; (iii) la création
d’un Fonds d’Appui à la Formation (FAF)
et la mise en place de mécanismes de financement pour alimenter ce Fonds
avec l’implication et la
participation de l’Etat et du secteur privé ; (iv) l’appui
aux établissements de formation pour les
rendre plus autonomes et renforcer les compétences dans les domaines
de la gestion et la préparation
de programmes modulaires adaptés aux besoins du marché de travail.
Les réalisations
Pour atteindre cet objectif, les activités ont été identifiées
pour être exécutées pendant la durée du
Projet : (i) établissement d’un système de formation
performant par la création de l’Office de la
Formation Technique et Professionnelle (OFTP) , structure autonome chargée
de la mise en place du
nouveau système de formation ; (ii) information et sensibilisation
des différents partenaires (Etat ,
promoteurs économiques communautés villageoise , ONG groupements
de producteurs …) ; (iii)
mise en place du FAF ; (iv) réalisation de sous-projets de formation
; (v) réalisation d’études de
préparation et d’évaluation des sous-projets de formation
; (vi) appui aux établissements de
formation par la formation des formateurs.
1) Etablissement du nouveau système
de formation : Le nouveau système
de formation a été mis
en place conformément aux objectifs fixés dans le Projet Education
III approuvés par le l’Emprunteur
et le Bailleur de Fonds. La loi N° 97-002/AF du 06 juin 1997 et le décret
N°97-008/PM du 31 juillet
1997 ont instauré un cadre juridique et institutionnel de l’OFTP
et fixé les missions de ce dernier.
Conformément à la loi de création et aux statuts de l’OFTP,
les organes de l’Office ont été mis en
place en 1998 pour le Conseil d’Administration et en 2000 pour la Direction.
Il est à souligner que
l’OFTP bénéficie d’une autonomie administrative et
financière étant donné la composition de son
Conseil d’Administration ( où l’Etat ne dispose que de 4
sièges sur 11) et le rôle joué par ce dernier
dans la programmation des activités et la prises des différentes
décisions.
Comme prévu dans l’Accord de Crédit le Projet a financé les équipements
et matériels nécessaires,
ainsi que le fonctionnement de l’OFTP. Quant au personnel, son effectif
a été considérablement
réduit par rapport au Projet initial, en vue de renforcer les Directions
Exécutives Régionales (DER)
qui ont été créées dans les 3 îles. L’OFTP
s’appuyait sur les DERs pour la réalisation des activités à
Anjouan et à Mohéli. Pendant ces trois années d’activité du
Projet, l’OFTP a initié le système de
formation induit par la demande, basé sur le partenariat et le cofinancement,
et les résultats
enregistrés seront présentés dans les parties qui suivent.
2)
Information et sensibilisation des partenaires : cette nouvelle approche
dans la formationprofessionnelle avait besoin pour réussir du soutien
de tous les partenaires, d’où l’importance
accordée aux activités d’information et de sensibilisation.
La Direction de l’OFTP a organisé, avec
l’appui des DER et des membres du Conseil d’Administration des
réunions dans les différentes
régions du pays pour présenter à tous les acteurs de l’Economie
nationale le nouveau système de
formation et leur expliquer les procédures et les conditions requises
pour bénéficier des formations.
Le principal résultat enregistré est la forte adhésion
de la population qui a accepté l’idée que chacun
doit participer au financement de sa propre formation à en juger par
le nombre de demande de
formation qui continue à arriver à la Direction de l’OFTP.
3)
Mise en place du FAF : Pour financer les sous-projets de formation (préparation,
réalisation
suivi et évaluation ), l’OFTP dispose d’un Fonds d’Appui à la
Formation (FAF) qui a été alimenté par
les crédits du Projet. La Direction de l’Office a élaboré un
manuel de gestion qui fixe les conditions
d’éligibilité à ce fonds, les procédures
de montage d’un dossier de sous-projet ainsi que les
procédures d’exécution de suivi et d’évaluation.
Le Projet prévoyait qu’à la fin du Projet, le FAF
sera alimenté à 100% par la contribution des entreprises et des
organisations professionnelles. Mais
la conjoncture économique n’a pas permis d’atteindre cet
objectif. Bien sûre, la part versée par
l’OFTP dans le financement des sous-projets de formation est allée
en diminuant pour passer de près
de 90% en 2000 à moins de 70% en 2003 alors que la contribution du bénéficiaire
est passée de 10 à
22% pendant la même période. Ca montre que cette prise en charge
doit être progressive et
programmée à moyen terme. L’OFTP a fait réaliser à la
fin de l’année 2003 une étude sur ce
financement. Dans les recommandations, l’étude propose les mécanismes à mettre
en place en vue de
mobiliser des fonds pour alimenter le FAF avec la contribution de tous
les partenaires. Les autorités
comoriennes vont, après concertation avec toutes les parties concernées,
prendre les dispositions et
mesures nécessaires pour la mise en oeuvre et le suivi de ces recommandations
et assurer ainsi la
pérennisation des activités de l’OFTP.
4) Réalisation
des sous-projets de formation : Le travail de préparation
et réalisation des
sous-projets de formation a eu un démarrage difficile pour ensuite
connaître
dès le deuxième
semestre 2001 une accélération qui n’a cessé d’augmenter
jusqu’à la fin de l’année 2003. Le Projet a
permis de réaliser plus de 130 sous-projet et former plus de 43300
personnes. Ces chiffres montrent que dans ce domaine l’objectif fixé dans
les documents du Projet est largement dépassé puisqu’on
prévoyait la réalisation de 52 sous-projets et la formation
de 800 personnes.
Le Projet a contribué à l’amélioration de la qualité de
la main d’oeuvre et à l’insertion
professionnelle des jeunes et fourni un appui aux petits producteurs et aux
petits artisans. En effet sur
l’ensemble des trois îles:
(i) plus de 300 pêcheurs ont été formés sur les
techniques de pêche, la sécurité en mer
et la mécanique HB et sont capables d’assurer les petits entretiens
de leur embarcation
et de leurs moteurs
(ii) plus de 350 producteurs maraîchers ont suivi des formations sur
les techniques de
fertilisation des terres et autres techniques de production comme la production
en
contre saison en vue d’améliorer la qualité et le rendement
dans des domaines qui
étaient jusqu’ici mal maîtrisés comme la production
de l’oignon ou de la pomme de>
terre
(iii) des dizaines de personnes ont bénéficié de formation
en poterie, en broderie et en
vannerie et vont devenir des animateurs ou des fournisseurs pour la Maison
de
l’Artisanat qui va ouvrir à Anjouan avec l’appui du Projet
PDLC de la Coopération
Française
(iv) une centaine de jeunes anciens miliciens ont été formés à Anjouan
et vont grâce à
l’appui financier du Projet AMIE , des SANDOUK, des MECK et d’autres
organisations , s’installer dans des secteurs comme la pêche ,
l’aviculture , la
réparation automobile ;
(v) plus d’une centaine de personnes (dont 70% de femme) composées
de petits
commerçants de vendeuses du marché, de petits artisans menuisiers,
les petits maçons
et de couturières ont reçu une formation d’alphabétisation
fonctionnelle qui leur a
permis, chacun dans son secteur, de connaître les outils de base de gestion
et avoir
une bonne maîtrise.
5) L’évaluation des besoins : Cette
fonction n’a pas été réalisée
pendant la période du Projet dans
le sens d’un suivi régulier de l’évolution
du marché du
travail, l’OFTP ne disposant pas d’assez de
moyen pour la réalisation d’une telle mission. Toutefois,
l’Office
prend toutes les dispositions pour
vérifier l’état des besoins à chaque fois
q’une
demande de formation lui est adressée. Cette évaluation
des besoins est réalisée soit par les services de l’OFTP
sous forme d’enquête auprès des candidats à
la formation soit sous forme d’une étude confiée à un
consultant.
Par rapport au suivi régulier de l’évolution du
marché en
terme de besoins de formation, l’Office a
initié un projet de création d’un Observatoire
de l’Emploi
et des Formations. Ce Projet qui bénéficie
de l’appui du PRIMTAF de la Coopération Canadienne dans
sa première
phase, sera réalisé en
partenariat avec la Direction de l’Emploi, le Commissariat Général
au Plan ( le Service des
Statistiques ) et l’UCCIA.
6) Appui aux établissements
de formation : Cet appui a essentiellement porté sur le
développement professionnel du personnel en poste dans ces établissements
en vue d’améliorer leurs
compétences et leur permettre de développer de nouveaux
produits et de nouveaux programmes dans l’objectif de renforcer
l’autonomie
dont bénéfice ces établissements. Suivant l’Accord
de Crédit
et les aides - mémoires de différentes missions de supervision
du Projet, une étude sur ces
établissements a été réalisée pour faire l’état
des lieux et évaluer les besoins. Il a été recommandé
dans cette étude d’orienter les formations dans les directions
suivantes : (i) amélioration des
compétences techniques des formateurs ; (ii) la méthodologie
et l’élaboration des programmes ; (iii)
l’organisation et la gestion des établissements de formation.
C’est ainsi que l’Office a financé des formations
de perfectionnement technique en faveur de 10
formateurs (2 de l’ENTP, 2 du CNH et 6 de l’ENAC) et une
formation en gestion en faveur du
Directeur de l’ENAC. D’autres formations ont été programmées
pour l’année 2003 mais n’ont pas
pu être réalisées à cause d’un manque
de crédit.
Il s’agit : d’une formation de perfectionnement
technique en faveur de trois formateurs de l’ENTP ; (ii) une
formation (pédagogique ) sur l’approche
par compétence en faveur d’un groupe de formateurs sélectionnés
dans tous les établissements de
formation ; et (iii) une formation sur la gestion des établissements
de formation.
7) Suivi et évaluation : Des mécanismes
ont été mis
en place par l’OFTP pour assurer un suivi
régulier des sous-projets de formation et un suivi des personnes
formées.
a) le suivi des sous-projets de formation : C’est un suivi pendant la
formation qui était
réalisé sous forme de visites effectuées (pour chaque
sous-projet ) par la Direction de l’OFTP
ou la DER. Pendant ces visites, l’équipe de l’OFTP évaluait
l’état d’avancement de l’activité,
s’assurait du respect des termes du contrat par chacune des parties engagées
et recueillait
leurs avis et remarques sur l’organisation et la réalisation de
la formation. Ces visites de suivi
ont dans certains cas conduit à des révisions des programmes
de formation, des
réaménagements des emplois du temps des amendements ou des suspension
des contrats.
b) le suivi des personnes formées : Ce suivi était organisé sous
forme d’étude d’évaluation
d’impact portant sur un échantillon de sous-projets achevés
depuis au moins 6 mois. C’est
ainsi que nous avons recruté des consultants indépendants pour
réaliser des études
d’évaluation de l’impact des certains sous-projets de formation
exécutés entre 2000 et 2002.
Les études ont porté sur total de 15 sous-projets (soit plus
de 10% des sous-projets réalisés)
choisis dans différents secteurs et sur l’ensemble des 3 îles.
Les informations demandées à
travers ces études portaient sur :
1. l’impact sur la personne formée : la maîtrise des techniques
enseignées, leur
utilisation, l’amélioration des compétences, l’impact
sur les revenus …
2. l’avis des personnes formées sur ce système de formation
initié par l’OFTP, basé sur le partenariat et le cofinancement
3. l’impact sur le rendement professionnel : la vitesse d’exécution
des tâches, la
qualité du service, l’augmentation des commendes et de la clientèle …
4. appréciation et avis de la population et des clients bénéficiaires
(ou
consommateurs) des services fournis par la personne formée D’une
manière générale, on peut dire que l’impact est
positif dans la mesure où : (i) plus de 80% des
personnes formées travaillent (soit à leur propre compte soit
chez un employeur) ; (ii) la grande
majorité des personnes interrogées sont satisfaites et trouvent
que la formation a répondu à leur
attente ; (iii) toutes les personnes interrogées souhaiteraient suivre
d’autres formations avec l’OFTP
et sont prêtes à participer au financement de la formation en
payant une partie des frais de leur propre
formation.
II. 3/ Assurer une gestion efficace du PROJET (coût estimé à 0.8millions
US $, soit 11% du coût
du Projet)
En 1994, le Ministère de l’Education a créé une
unité centrale pour coordonner tous les projets dans
le secteur de l’éducation : le Centre National de la Gestion et
de l’Exécution des projets d’éducation
(CNGEPE). Cette unité a été chargée de la mise
en oeuvre du deuxième Projet d’Education,
intégrant ainsi le personnel du Bureau d’Exécution du Projet
Education (BEPE) qui avait été créé
pour coordonner l’exécution du Deuxième Projet Education
qui a pris une grande part dans la
préparation du Plan Directeur de l’Education. En consultation
avec les bailleurs de fonds, le
Ministère de l’Education a décidé de créer,
le cas échéant, des unités séparées pour
l’exécution des
projets qui seront chargées de superviser les activités financées
par le projet et de gérer les opérations
au jour le jour.
Voilà pourquoi est créée la Cellule de Gestion du Projet
Education (CGPE) pour assurer la liaison
avec le CNGEPE de manière à coordonner efficacement les activités
dans le cadre du Plan Directeur.
Seulement le CNGEPE est dissout quelques temps avant l’installation
de la CGPE dont le
coordonnateur général supervise le Projet Education avec la
collaboration du Directeur de l’Office de
Formation Technique et Professionnelle (OFTP).
Les structures du Projet
Le Projet a appuyé la création de la CGPE. Il a également
financé la remise en état des locaux
destinés à abriter la CGPE et l’OFTP. Il faut préciser
que l’installation des structures du Projet a
commencé au 4ème trimestre de l’année 1998 dans
le building du Ministère de l’Education Nationale
de l’époque, et s’est achevée en avril 2001. Tout
le personnel du projet a été recruté et a pris son
service, notamment celui des Directions Exécutives Régionales
(DERs) des îles. Ces DERs non
prévues dans les négociations du projet ont été créées
suite à la forte demande de décentralisation au
cours des négociations de la réconciliation nationale.
Le personnel du projet a suivi les formations dans les domaines qui suivent
: (i) la gestion comptable
et financière, (ii) la gestion des projets, (iii) la passation des
marchés,
(iv) l’utilisation de l’outil
informatique.
Un système de gestion a été mis en place
pour faciliter le travail de gestion quotidienne du Projet,
même si ce système s’est avéré défaillant.
Le développement institutionnel
A ce niveau, le Projet a fourni des moyens nécessaires pour accompagner
les services de
planification, des statistiques et de cartes scolaires pour la mise en place
de banques de données et la
production des tableaux de bords sur l’Education. Il a aussi contribué à la
formation des cadres des
services centraux et régionaux des Ministères en charge de l’Education,
permettant ainsi la reprise de
la production des tableaux de bords par île en 2002/2003.
Elaboration du Plan National d’Actions de l’Education Pour Tous
(PNA/EPT)
Le Projet a financé les consultations et les activités pour la
réalisation du PNA/EPT et certaines
contributions à l’élaboration de la Note Sectorielle de
l’Education.
Situation financière et passation des marchés
Sur le plan
de la tenue des comptes, le Projet Education est confronté à une
difficulté au niveau de la
comptabilité. Les seuils des comptes spéciaux 350,000 US$
pour le compte A et 150,000 US$ pour
le compte B ont marqué l’exécution du Projet dans
la mesure où ils se sont démontrés très
insuffisants pour faire face aux activités programmées
au cours des années. Le rehaussement du seuil
du compte spécial A de 350,000$ US à 500,000$ US en juin
2002 a permis au Projet d’accélérer ses
activités pour atteindre 98% des décaissements prévus
fin 2003.
Rappelons que les seuils de 350,000 US$ du compte A et 150,000 US$
du compte B ont été calculés
sur la base de 5 ans de décaissement sur les 5,100,000 DTS, or les gestionnaires
du Projet étaient
contraints par l’accord de crédit d’exécuter le Projet
en deux ans et après amendement en 3 ans. Des
factures restent en instance au 31 décembre 2003, ce qui entraîne
le non-paiement des services
rendus par des fournisseurs.
L’issue de la séance de travail de la Commission de Vérification
des Comptes(unité sous l’autorité de
la Présidence de la République) qui a débuté le04
février 2004, permettra à l’Emprunteur et à
l’Administrateur des crédits du Troisième Projet Education
d’envisager la suite urgente à donner aux
factures en instance.
III - Appréciations critiques
Le Projet Education est le plus grand
intervenant dans le domaine de l’Education.
Les autorités
comoriennes considèrent unanimement que ce Projet Education III est
important, utile. Il bénéficie
ainsi de leur appui et de leurs bonnes dispositions, même si elles estiment
que le Projet est quelque
peu dépassé à cause du retard de 3 ans de son démarrage
et de son intervention unique dans le seul
niveau primaire.
Les actions financées par le Projet Education sont identifiées
et demandées par les différents
Ministères de l’éducation et celui des Affaires Sociales,
(à travers les inspecteurs, les directeurs
techniques, y compris les activités dont bénéficient les
gestionnaires du Projet) qui avalisent les
requêtes des collectivités locales qui formulent souvent des demandes
de construction des salles de
classe. Toutes les autres activités sont identifiées par les
techniciens ou par les groupementscoopératifs pour le cas des sous -
projets de formation. La responsabilité technique de chaque action
incombe au demandeur. Les Ministères ne sont pas toujours en mesure
de suivre les activités du
Projet ; ils ne disposent pas des moyens à la hauteur des mouvements
de celui-ci, qui semble être un
état dans un état (allusion à l’appui institutionnel
demandé par l’ancien Ministère de l’Education pour
permettre à l’institution de suivre les activités du Projet).
Des difficultés de crédits ont été observées
dès le démarrage du projet à cause du seuil trop bas
de décaissement. Il a été constaté aussi le rythme
lent des décaissements (environ 2 mois d’attente entre
la date d’envoi de la DRF et l’approvisionnement du compte spécial
du montant demandé) Sur le cas
précis, nous saluons la disponibilité de l’équipe
de la Banque Mondiale à accompagner les autorités
comoriennes et les gestionnaires du Projet dans la recherche des solutions.
04(quatre) amendements
ont été nécessaires pour adapter les procédures
aux exigences de la population dans les nouvelles
institutions politiques mises en place.
Dans la composante A : Suivant les
données disponibles, le Projet
a contribué positivement
au développement du système
éducatif, grâce à une amélioration de la situation
avec un taux brut d’admission de 97% en
2002/2003 sur le territoire national. L’augmentation du taux d’admission
en CP1 dans cette période du Projet, est de 91%. Le Projet a également
contribué à redonner
du crédit à l’enseignement
primaire public en accord avec les autorités éducatives qui
ont maintenu la régularité des salaires
durant l’exécution du projet, évitant ainsi le spectre
de la grève des enseignants. Cependant, dans le
cadre des formations des enseignants et membres des conseils d’écoles,
des formations, entamées ou
non, restent à réaliser, particulièrement celle relative à l’utilisation
des manuels scolaires. Un constat
de manque de crédit a interrompu toute suite à donner à presque
toutes les activités du quatrième
trimestre 2003.
Dans la composante B : La mise en oeuvre
de l’OFTP
et de ses activités
ne s’est
pas effectuée sans difficultés. Mais malgré
ces difficultés, on peut dire que l’Office a assuré les
missions qui lui ont été fixées dans l’accord
de crédit et dans les textes réglementaires et les objectifs
principaux ont été réalisés à plus de
90% et même dépassés dans certains cas.
a) les principaux résultats : Le Projet a apporté son appui pour
développer dans le pays une
culture de partenariat dans l’organisation, la gestion et le financement
de la formation professionnelle.
Et les principaux résultats à retenir après ces trois
années d’activité du Projet sont les suivants : (i)
l’OFTP, promoteur de ce nouveau système est bien opérationnel
sur l’ensemble du territoire national
et il est doté de moyens matériels, pédagogiques et humains
qui lui permettront , s’ils sont maintenus
de poursuivre les activités après le Projet ; (ii) l’OFTP
a réussi en moins de trois ans à sensibiliser et
mobiliser les partenaires , et mettre en place le nouveau système de
formation ; (iii) système de
formation qui s’est avéré souple, adapté et capable
de répondre rapidement et efficacement aux
besoins exprimés par les promoteurs économiques ; (iv) toutes
les formations ont été réalisées en
partenariat avec les bénéficiaires; (v) l’image de la Formation
Professionnelle a été valorisée auprès
d’une grande partie de la population active qui a désormais compris
que la connaissance et la maîtrise des techniques du métier qu’on
exerce (ou qu’on veut exercer) est l’un des facteurs de
réussite ;
b) les points faibles : Un certain nombre de points risque de fragiliser
le système s’ils ne sont pas
rapidement résolus. Il s’agit de :
i) La mise en place des mécanismes de financement de la formation :
le Projet s’est achevé
avant que l’OFTP et ses partenaires aient pu mettre en place ces nouveaux
mécanismes. En effet,
avant de définir et arrêter les nouveaux mécanismes de
financement, il a fallu sensibiliser et mobiliser
les partenaires et obtenir leur adhésion au nouveau système pour
ensuite réaliser une étude sur le
financement dont les recommandations devraient présenter les différentes
options possibles et
présenter un plan de mise en oeuvre. A cause de la mise en oeuvre tardive
du Projet Education III,
cette étude n’a pu être réalisée qu’au
4e trimestre 2003 et le rapport a été remis à la fin du
mois de
décembre 2003.
ii) La réduction du personnel : L’OFTP a fonctionné avec
un personnel réduit de plus de
50% par rapport aux effectifs prévu dans les documents du Projet.
C’est
en s’appuyant sur le
personnel en poste dans les Direction Exécutive Régionales
du Projet que les différentes activités ont
pu être réalisées. Avec la fin du Projet et la fermeture
de ces DER, l’Office aura besoin d’un
renforcement de ses effectifs pour faire face aux demandes de formation
qui lui sont adressées.
Dans la composante C : 20 % du personnel
initialement prévu n’a
pas été obtenu.
La formation très tardive du personnel en
poste a marqué les réalisations par quelques incohérences
marquées par des retards et /ou par des
erreurs.
La leçon à tirer est celle qui devra guiderait à confirmer
les compétences des techniciens
nouvellement rentrés de leurs pérégrinations.
Une mise en condition et une harmonisation des
connaissances du pays et de ses réalités doit s’ajouter
aux connaissances techniques ramenées par le
technicien à recruter.
Un suivi-évaluation annuel de la gestion du Projet par le Ministère
de tutelle est nécessaire. A défaut,
une prise en compte assidue du rapport trimestriel du gestionnaire
du projet serait bénéfique pour
tous. Le grand esprit d’accompagnement et de compréhension
manifesté par
la Banque tout au long de
l’exécution du Projet est à saluer avec reconnaissance.
Au cours du Projet, il y a eu (4)
amendements de l’accord de crédit N° 031-COM, et la
Banque a su accompagner le Gouvernement
comorien dans la recherche de solution pour la satisfaction de la population
du pays. La conditionnalité de la contre - partie du Gouvernement,
parce que celui-ci l’a demandé au bailleur
de fonds de le minimiser pour permettre au Projet sa mise en vigueur
immédiate
pour le bien de la
population des Comores.